Est-il possible de se remettre d’un drame aussi percutant que celui qu’ont vécu les Rwandais lors du génocide en 1994? Peut-on imaginer les séquelles qui restent dans la vie des survivants? Quand on pense que tout leur univers est à reconstruire ont-ils seulement le temps et la force de se pencher sur leur vie intérieure?
On se rappellera que lors du génocide 800 000 Rwandais sont morts dont 75% de la population Tutsie, selon l’estimation de l’ONU et ce en seulement 3 mois. Environ 4 millions se sont sauvé en se réfugiant dans des pays voisins. L’ampleur du massacre est énorme : des femmes enceintes sont éventrées, les fœtus tuées, des familles sont tuées à coups de machettes ou de massue, le sadisme et la violence sexuelle atteint son paroxysme. Le poste de radio : Radio Télévision Libre des Milles Collines encourage jour après jour les Hutus à continuer les tueries en signalant ou se cache les Tutsie et à ordonner au extrémistes Hutus à humilier les femmes avant de les exécuté froidement. Plus de 200 000 femmes ont été violées et seulement un tiers d’entre elles n’ont pas contracté le Sida. Le gouvernement Rwandais va même jusqu’à estimer que chaque femme ayant survécu ai été victimes de viols. Chaque année plus de 400 000 enfants naissent séropositifs, on estime donc que 400 000 personnes sur une population de 8 millions sont infectés. Le pire est qu’à l’origine des traditions rwandaises les femmes veuves et séropositives étaient complètement rejetées de la société, elles se voit alors condamné à finir leur vie dans la solitude. Selon les estimations de l’UNICEF après le génocide plus de 95 000 enfants se retrouvent orphelins.
« Un petit pays surpeuplé s'automutilait en détruisant son propre peuple, tandis que le monde le regardait faire et ne manifestait aucune volonté politique d'intervenir. J'ai encore en mémoire le jugement d'un groupe de bureaucrate venus “évaluer” la situation pendant les premières semaines du génocide : “Nous recommanderons à notre gouvernement de ne pas intervenir, car les risques sont élevés, et il n'y a ici que des êtres humains”, ont-ils conclu. » Extrait de Roméo Dallaire, J'ai serré la main du diable - La faillite de l'humanité au Rwanda, Libre Expression, 2003, 685 pages.
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